La disparition

En 2002, voici ce qu’écrivait Raymond Jardin dans son livre : Saint-Julien le Montagnier :

Mais les plus importantes trouvailles, nous les devons à l’itinéraire Vinon → Barjols. Aux Bourdas, par exemple, on a ramassé de nombreux tessons de poterie des premiers siècles. Mais aux Ollagniers, M. Vitse a inventé un magnifique fond de dolium en place et un pédicellium’ de pressoir comportant deux mortaises, signifiant l’emplacement d’une huilerie ou d’un chai à vin. De plus, il y fut trouvé un sesterce, moyen bronze d’Antonin Le Pieux et un autre de Vespasien. Ce qui signifie une occupation romaine dès le début du Haut Empire (1er siècle après Jésus Christ).

Raymond Jardin, « Saint-Julien le Montagnier« 

Pedicellium

Ce pedicellium ou pedicinus (bloc d’assise de jumelles de pressoir) se trouvait sur le site des Ollagniers, répertorié sur la carte archéologique de la Gaule. Il était semblable à celui qui existe à La Londe les Maures.

Ou encore à ceux décrits par Jean-Pierre Brun dans son livre : « Techniques et économie de la Méditerranée antique », ouvrage consacré aux pressoirs – à huile, en particulier.

https://www.college-de-france.fr/fr/agenda/cours/olivier-et-huile-olive-dans-antiquite-1/usages-de-huile-olive-et-de-ses-sous-produits-dans-antiquite

Une villa gallo-romaine

Sur ce même site, un passionné, amateur d’archéologie avait même mis à jour d’importants vestiges révélant la présence d’une villa gallo-romaine.

Suite à une intervention véhémente de la DRAC auprès de Monsieur Francis Gillet, alors maire de la commune, l’infortuné chercheur dut remettre le site en état et enfouir ce qu’il y avait découvert. Tant d’efforts pour rien…Heureusement, nous avons conservé quelques images de ses trouvailles.

Des pierres marquées d’histoire

Dans les années 2010, la Municipalité décida d’ériger un Monument aux Morts à Saint-Pierre. Un adjoint de Monsieur le Maire nous demanda si nous connaissions sur la Commune des pierres marquées d’histoire.

Nous lui indiquâmes alors :

  • La meule encore intacte du moulin de Malavalasse, propriété de la famille d’Aimé et Marthe Gillet.
  • Deux fragments du socle d’une ancienne croix de mission qui avaient été balancés du haut des rochers du Cours, versant est.

Extrait de Retour de mission et première communion du 5 Mai 1889 :

J’ai parlé de la croix. En effet, ce jour remarquable avait été choisi pour bénir une nouvelle croix en bois qui remplacerait celle plantée à la mission de 1807 et qui tombait en ruine. La procession se dirigea donc vers la pointe du Cours en face du hameau des Maillons et de Saint-Pierre. La croix était préparée et plantée. Cette bénédiction faite par Mr le doyen de Rians nous valut une allocution de Pierre Bruissan, allocution pleine de foi et de poésie. Cette croix, dit l’orateur, sera une nouvelle croix de Provence ; du rocher où elle est plantée, dit-il, je vois la montagne du Coudon, je vois les Hautes-alpes, je vois les Maures ; puisse cette croix avoir été une cause de bénédiction pour la paroisse de Saint-Julien, être un sujet de protection divine pour le diocèse de Fréjus et tous les pays que nous voyons du haut de cette montagne.

  • Enfin, le pedicinus qui se trouvait sur le site des Ollagniers.

La meule fut extraite des ruines du moulin et transportée par hélicoptère jusqu’à sa destination. Les blocs de pierre furent tractés et acheminés pour être transformés en monument.

Quant au pedicinus, difficilement utilisable, il fut déposé dans la partie de la salle polyvalente* servant de garage aux engins municipaux et après quelques années, on le transporta dans un dépotoir en face du bâtiment. Il y est peut-être encore aujourd’hui…ou pas…

Aujourd’hui, le Monument aux morts, avec sa meule et le socle, sans le pedicinus, pierre de l’époque gallo-romaine.

Michel Courchet

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